AS Bellecour-Perrache - Ciao Mister SELLIDJ


Rédigé le Vendredi 8 Juin 2018 | Lu 946 commentaire(s)

Personnage discret, limite distant, du moins avec les médias, Nasser Sellidj a su mettre sa griffe sur l'AS Bellecour-Perrache en deux saisons-et-demies.
Au point de la sauver de la relégation en D2 avant de l'emmener et de la maintenir en R3 puis... de tirer sa révérence.



Allez, on ne va pas le cacher, ça n'est pas le meilleur des clients pour notre corporation et ses déclarations son aussi rares qu'un cheveux sur la tête de Fabien Barthez.
Ce qui n'enlève en rien l'objectivité à l'heure d'établir son bilan, après deux saisons et demie à la tête de l'AS Bellecour-Perrache : un maintien en pompier de service lors de son arrivée, en mars 2016, une montée en Ligue la saison suivante, agrémentée d'un titre de champion du Rhône, suivis d'un maintien la suivante.
Surtout, et l'on peut en témoigner, Nasser Sellidj su donner une âme à son groupe, entre bonne humeur et rigueur.
Dimanche dernier, il s'est assis une dernière fois sur le banc de l'AS Bellecour-Perrache, pour un ultime feu d'artifice à Chambéry Savoie 73 et... il a accepté de se confier !

Champion du Rhône 2017
Champion du Rhône 2017

"Merci, merci, merci, merci..."

"Je suis content de terminer la saison sur une victoire, même si le match était sans enjeu, a -enfin- réagi le coach. Nous avons atteint les objectifs des groupes seniors avec une montée l'équipe B en D3 et un maintien pour la A en R3. Je pars donc avec le sentiment du devoir accompli et du travail bien fait. Pendant trois ans, j'ai pris du plaisir, on a produit du jeu et on s'est fait plaisir en jouant de beaux matchs. J'ai plein de bons souvenirs. Mais il faut savoir partir au bon moment pour pouvoir envisager d'autres challenges. Merci à mon adjoint, Hamidou, qui va continuer avec Nico (ndlr Crouzet, le nouvel entraîneur). Merci à mon super dirigeant Pascal, sans qui rien n'aurait été possible, et aux autres, Richard, Marie-Cécile et Eric, ainsi qu'à mon président Jérôme. Et pour finir, merci à mon coach de l'équipe B, Cédric, à son adjoint Abdel, et à ses dirigeants Michel et Alain. Bravo aux groupes seniors pour cette saison et à Antho, le coach des U19."
Nous, on a envie de dire merci, bon vent et... à bientôt Mister Sellidj .

B.R.

Témoignages...

Yann MBOUNCHTA (joueur) : "Il a su nous redonner confiance..."
"Il est arrivé au club pour coacher la réserve puis il a pris l'équipe première alors qu'il restait six matchs. On allait tout droit vers la descente en D2. Il a su trouver les bons mots pour nous fédérer vers l'objectif commun, le maintien, en nous disant qu'avec les joueurs qu'on avait on allait gagné match après match et se maintenir, puis... que l'année suivante on remonterait en R3. L'année suivante, on a fini champions du Rhône. Il a su redonner de la confiance."

Carlo CANCIANI (joueur) : "Comme un poison qui nous a transformé !"
"L’avoir eu en tant que entraîneur sur le terrain a été un plaisir, autant que de l'avoir comme ami en dehors. Son envie de gagner, de nous faire évoluer match après match, saison après saison, m’a marqué à jamais. Il nous demandait beaucoup, avec une exigence et une rigueur très pro. Son ambition, ses discours et son engagement ont été contagieux pour nous... comme un poison qui petit à petit nous a transformé en gagnants... sur le terrain et surtout en dehors !"

Geoffrey PUGEAULT (joueur) : "Abnégation, générosité et humilité..."
"Ce qui me fait dire, après presque une trentaine d’années sur les terrains, que Nasser est probablement le meilleur coach que j’ai eu, ce ne sont pas que ses compétences techniques, c'est surtout cette combativité qu’il porte en lui et qu’il a su nous insuffler. Comment le décrire ? Abnégation, quand l’objectif est de gagner chaque match en refusant d’abdiquer. Générosité quand on a pu être témoin du temps investi pour les entraînements ou les causeries d’avant match. Humilité quand on sait qu’il fait tout ça par altruisme et surtout pour l’ASBP. Je le remercie pour ces deux ans et demi d’une rare intensité tant sur le plan footballistique que sur le plan humain."

Yoann PEREIRA : "On pouvait partir à la guerre pour lui !"
"Nasser incarne l'esprit de l'AS Bellecour-Perrache. Car il a cette ambivalence d'un esprit familial et d'un esprit ultra compétiteur. Je le connais depuis maintenant plus de dix ans car il m'a entraîné en U15. Et c'est toujours aussi impressionnant comme il arrive à fédérer un groupe et tirer le maximum de ses joueurs. On pouvait partir a la guerre pour lui ! Ces deux dernières années et demie en sont la preuve. Il a l'exigence d'un professionnel avec le coeur d'un amateur. Il ne pouvait que réussir. Je suis fier d'avoir été une fois de plus son capitaine."

Pascal ARROS (dirigeant) : "Moi qui voulait arrêter, j'ai fait deux ans de rab !"
"Nasser, c'est un gars d’une fidélité absolue en amitié. On avait fait une saison ensemble il y a sept ans et évidemment, quand il m’a demandé de l’accompagner dans cette aventure, ça a été oui tout de suite. Nasser marque un respect sincère pour tous ceux qui l’entourent : ses dirigeants ne sont pas juste des porteurs de gourde. C’est une complicité non seulement le jour des matchs mais toute la semaine pour échanger et débriefer. Du coup, moi qui voulais arrêter, j’ai fait deux ans de rab à sa demande. Mais ça m’a permis de vivre deux saisons exceptionnelles à ses côtés et avec un super groupe de mecs. Je ne l’en remercierai jamais assez. Mais surtout ce que je crains c’est que s’il me rappelle dans trois ans... je sois encore capable de dire oui !"