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Rachid BENAYEN (entretien) : « Je comprends mieux certaines choses aujourd’hui »


Rédigé le Vendredi 24 Octobre 2014 | Lu 490 commentaire(s)

C'EST INDISCUTABLEMENT L'ENFANT TERRIBLE DU FOOTBALL RHODANIEN DE CES DIX DERNIÈRES ANNÉES. "RACHON", COMME TOUT LE MONDE L'APPELLE, NE RÉFUTE PAS CETTE RENOMMÉE, AU CRÉPUSCULE D'UNE CARRIÈRE DE GLOBE-TROTTER DÉBUTÉE A RILLIEUX, AVANT DE L'EMMENER A VAULX, NIORT, ROUEN, LA JS KALYLIE, LA RÉUNION, NAMUR, MOULIN ET LA DUCHERE... UNE CARRIERE AUSSI MARQUÉE PAR TROIS INOUBLIABLES SÉLECTIONS EN EQUIPE D’ALGÉRIE. ENTRETIEN AVEC UN JOUEUR AUSSI ATTACHANT QUE... TERRIBLE !


A 35 ans, Rochon marque toujours avec la Duch'
A 35 ans, Rochon marque toujours avec la Duch'
Rachid, si on te dit que tu es l’enfant terrible du football amateur rhodanien de ces dix dernières années… Tu nous envois bouler ou tu acceptes l’interview ?
Je l’accepte, parce que l’image me correspond un peu et qu'elle est est justifiée.
Pourquoi cette image alors ?
Parce que j’ai toujours eu ce caractère de gagnant poussé à l’extrême. Je suis suis caractériel, c’est vrai. Mais je me suis assagi avec l’âge et je comprends mieux aujourd’hui certaines choses qui m’ont nui tout au long de ma carrière. 
Tu as touché du doigt le professionnalisme et le haut niveau, avec la JS Kabylie en Algérie ou avec Niort en L2. Qu’est-ce qui n’a pas marché à ton avis pour que tu dures dans ce milieu ?
Il est clair que mon caractère de merde m’a causé beaucoup de tort. Mais le monde pro est aussi truffé de faux culs ou il faut marcher droit et ne jamais faire d’écart. Je n’ai jamais su fermer ma gueule et ca m'a forcément nui. A ma décharge, et au-delà de mon sale caractère, je suis issu du foot amateur. Je n’ai pas eu la chance de passer par un centre de formation ou l’on apprend ces choses-là, ou d’avoir un agent qui me conseille. Voire un entraîneur qui me prenne sous son aile.

Un souvenir fort, ma montée en L2 avec Rouen en 2003
Un souvenir fort, ma montée en L2 avec Rouen en 2003

"JE FINIS PAR CROIRE CEUX QUI ME BASSINENT AVEC MA CARRIÈRE"

Des regrets ?
Bien sûr, forcément ! A force de croiser des gens qui me bassinent en me disant que je suis passé à côté d'une belle carrière, je fini par les croire (rires). Mais je ne voyais pas les choses comme ça à l’époque, tout simplement.
Dans lequel de tes nombreux clubs as-tu connu le sommet de ta carrière ?
Avec la JS Kabylie, lors de la saison 2003-2004. On finit champion et on perd en finale de la coupe. En France, c’est peut-être paradoxalement à La Duchère, en 2008, alors que je venais de quitter le monde pro. On se fait sortir par Sochaux en coupe, le futur vainqueur, on remonte en CFA en fin de saison sur un match décisif face à la réserve de l’OM… contre qui je marque le seul but du match. Ca m’a permis de retourner dans le monde pro, à Libourne la saison suivante. C'était vraiment inattendu et inespéré pour moi à ce moment là. Et comme toute montée reste inoubliable, celle de National à L2 avec Rouen reste gravée dans ma mémoire, avec un coéquipier nommé Hubert Fournier.
Revenons à ton parcours. Tout a commencé à Rillieux, un club dont tu es resté très proche…
Evidemment, tous mes amis sont la bas ! C’est mon club de cœur, même si j’ai aussi des penchants pour le FC Vaulx et La Duchère.

Avec A. EL Maryouch, un autre rilliard. Ils n'ont jamais joué ensemble
Avec A. EL Maryouch, un autre rilliard. Ils n'ont jamais joué ensemble

PAS PRIS A BORDEAUX A CAUSE D'UNE NOTE DE TÉLÉPHONE...

Après Rillieux, direction le FC Vaulx puis Gueugnon ou tu te révèles aux yeux des observateurs. Tu te voyais aller jusqu’ou à ce moment-là ?
Je ne me suis pas projeté. Je ne faisais pas grand-chose de ma vie à l’époque ou j’étais déscolarisé. Je me suis simplement dit que c’était une chance à saisir. Mais il faut savoir que Gueugnon a été un choix par défaut. Trois clubs me voulaient à l’époque : Bordeaux, Marseille et Cannes. Ca ne s’est pas fait à Bordeaux, alors que le sportif collait, à cause… d’une note de téléphone. Battiston, qui m’avait accueilli, m’avais dit que tout était pris en charge par le club, de ne pas m’inquiéter. J’ai abusé du téléphone le soir à l’hôtel et le club m'en a tenu rigueur. Pour Marseille, le FC Vaulx m’avait mis des bâtons dans les roues et je n’ai su qu’après que Cannes s’était intéressé à moi.
La suite est plus chaotique avec jamais plus d’une saison dans le même club excepté Niort. Comment expliques-tu cela ?
C’est vrai. Mais au-delà de mon caractère, j’ai aussi joué de malchance. A Gueugnon, par exemple, j’ai eu le tort de ne pas vouloir signer avec le fils du directeur sportif, qui était agent. Ca m’a valu d'être le seul stagiaire à ne pas être conservé. A Niort, lors de ma deuxième année, Hinsberger avait succédé à Angel Marco. Il m’a fait savoir qu’il ne comptait pas sur moi. Au final, je fais vingt match en L2 cette saison là et le club me bloque en décembre pour un juteux contrat de quatre ans à Aberdeen, en Ecosse. A Libourne, je suis passé du paradis à l’enfer. Thollot, qui m’avait fait signer, se vantait dans la presse d’avoir réussi un gros coup avec ma venue. Mais il ne me faisait pas débuter les matchs et j’ai pété un câble avec la réserve. J’ai su plus tard que c'était le président qui ne me voulait pas en fait, pour des raisons peu avouables.

"MA MÈRE A PLEURÉ AU TÉLÉPHONE"...

Un mot sur tes deux expériences à l’étranger. A la JS Kabylie et à Saumur, en Belgique...
Magnifique à la JS Kabylie… à oublier en Belgique mais je préfère ne pas en parler. J’ai vu des choses peu reluisantes la bas, ou j’ai préféré ne pas m’éterniser.
Ton meilleur souvenir footballistique finalement ?
Indiscutablement mes trois sélections en équipe d’Algérie, en 2001, lors du tournoi Hassan II du Maroc. Il y a une ferveur impressionnante en Afrique autour du foot, bien au-delà de ce qu’on connait en Europe. Jouer devant 100.000 personnes, avec le maillot de l’équipe national, ça vous donne la chair de poule. Plus encore quand ma mère m’a appelé après le match. Elle avait les larmes aux yeux...
Tu as marqué ?
Oui, dans la séance de tirs au but, mais pas dans le jeu (rires)
Le plus mauvais ?
Je ne vais pas être original, mais ma fracture du pied avec Rouen, qui m’a tenu éloigné des terrains pendant un an.

Après le but de la montée duchèroise en CFA, en mai 2008
Après le but de la montée duchèroise en CFA, en mai 2008

"TANT QUE LES JEUNES SERONT AUSSI FAINÉANTS, JE CONTINUERAI"...

Un co-équipier qui t’a marqué ?
Moussa Saïb à la JS Kabyie. Parce qu’il m’a beaucoup fait marquer, mais aussi pour l'aura qu'il avait sur le terrain.
Un mot sur ton retour à Lyon-Duchère. Pourquoi ce choix ?
Parce que c’est un club auquel je suis resté très attaché et avec lequel j’ai vécu de belles choses. On s’apprécie avec le président Tria et ça a collé avec Karim Mokeddem lors de notre entretien, malgré un statu de "complément d'effectif". Et puis, c’est bien à 35 ans de jouer encore en CFA !
Tu te vois retourner un jour à Rillieux ?
Bien sûr… mais je ne sais pas en tant que quoi ! De toute façon, je ne suis jamais parti puisque j’y suis en permanence…
Jusqu’à quel âge tu penses jouer ?
Tant que les jeunes continueront à être trop fainéants pour nous pousser dehors. Nous, à leur âge, on ne rêvait que de pousser les vieux vers la sortie… C’est donc eux qui nous permettent de jouer encore…

Propos recueillis par Mario Rodriguez

Rachid BENAYEN
Né le 13 février 79 à Rillieux (35 ans)
Parcours : Rillieux, FC Vaulx (95-99), FC Gueugnon (99-2000, L2), Chamois Niortais (2000-2002, L2), FC Rouen (2002-2003, Nat), JS Kabylie (2003-2004, D1 Algérie), AS Moulins (2005-2006, Nat), Lyon-Duchère AS (2006-2007, CFA2), Libourne (2007-janv 2008), Lyon-Duchère AS (janv 2008-2009), Namur (2009-janv 2010, D2 Belge), FC Vaulx (janv 2010-2012), FC Limonest (2012-2014), Lyon-Duchère AS (depuis août 2014)

Avec les Chamois Niortais (saison 2000-2001)
Avec les Chamois Niortais (saison 2000-2001)

Avec Lyon-Duchère AS en 2008
Avec Lyon-Duchère AS en 2008

Avec le FC Vaulx en 2011
Avec le FC Vaulx en 2011

Un passage de deux saisons au FC Limonest (2012-2014)
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De retour à Lyon-Duchère AS
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